Sur "Pierre Mac Orlan"

Pierre Mac Orlan

Pierre Mac Orlan

"La seule chose dont je suis sûr, c'est d'être né à Péronne, le 26 février 1882..."(1)
Ecrivain prolifique, Pierre Mac Orlan, né Pierre Dumarchey, est à la fois romancier, parolier, peintre, photographe. Il laisse derrière lui une œuvre abondante où domine le "fantastique social", soit l'expression poétique de la condition humaine.

Il grandit entre Orléans et Rouen et s'imprègne des œuvres d'auteurs latins (Catulle, Martial, Apulée) et de François Villon. Il découvre également le rugby, sport qu'il affectionnera toute sa vie. En 1899, il part s'installer à Paris, dans le quartier Montmartre. Il s'essaye à la peinture, vit de petits boulots, fréquente le mythique cabaret du Lapin Agile, rencontre Guillaume Apollinaire, André Salmon, Roland Dorgelès. Cette période de sa vie est marquée par la misère, ce qui le hantera toute sa vie. En 1905, il signe pour la première fois "Mac Orlan" et, trois ans plus tard, rencontre l'illustrateur Gus Bofa qui lui propose d'être publié dans sa revue. Il fit paraître de nombreuses nouvelles et bandes dessinées. En 1913, il publie Le Rire jaune ; quelques mois plus tard, la Première Guerre Mondiale éclate.
Mobilisé, Pierre Mac Orlan rejoint son régiment à Toul, en Lorraine. Au mois de septembre 1916, il participe à l'attaque du Mont Saint-Quentin, aux portes de sa ville natale. Son régiment avance vers le bois Madame ; mais au bois des Berlingots, à Cléry-sur-Somme, Mac Orlan est grièvement blessé par un éclat d'obus. Il doit la vie à un "Joyeux", un des soldats qui composaient les bataillons d'Afrique. Evacué, il est officiellement démobilisé le 8 décembre 1917 et retourne à la vie civile décoré de la Croix de Guerre.
"La belle Picardie étalait ses parures en dehors des champs piétinés par les chevaux et par les bataillons. [...] Entre Arras et Péronne, la mélancolie des soirs de repos s'imposait comme un parfum. La route de Bapaume torturée, encadrée par ses quelques arbres décharnés comme des martyrs, révélait à la fois les images du passé et celles de l'avenir." (2)

A Bord de l'étoile Marutine

A Bord de l'étoile Marutine

Après la guerre, Mac Orlan voit s'accroître sa renommée littéraire et publie Le Nègre Léonard et Maître Jean Mullin (1920), La Cavalière Elsa (1921), Marguerite de la nuit (1924) et Le Quai des Brumes (1927) chez Gallimard. Il rencontre des grands noms de la littérature française : Marcel Proust, André Malraux, André Gide... Il réalise également en parallèle des reportages pour lesquels il se rend en Tunisie ou en Italie et qui lui fourniront la matière de romans comme Le Camp Domineau (1937) sur la Légion étrangère. Entre deux, il se rend à Saint-Cyr sur Morin où il a acheté une maison avec son épouse.
En 1950, Pierre Mac Orlan est élu membre de l'académie Goncourt ; puis, en 1967, il reçoit la Légion d'honneur sur proposition d'André Malraux, alors Ministre de la Culture. Il ne quitte plus guère sa maison de Saint-Cyr sur Morin mais reçoit de nombreux visiteurs parmi lesquels Georges Brassens.
Pierre Mac Orlan s'éteint à Saint-Cyr sur Morin le 26 juin 1970.
Qu'il s'agisse de ses romans, de ses chansons ou de ses poèmes, des adaptations cinématographiques de ses romans (Quai des Brumes (1935) de Marcel Carné, est devenu un classique du cinéma français) ou du prix littéraire qui porte son nom, l'influence de l'œuvre de Mac Orlan se mesure toujours aujourd'hui dans le paysage culturel français.

Fonds Mac Orlan de la bibliothèque municipale
Consultables uniquement :

  • Les poissons morts, Librairie Payot et Cie : 1917
  • Bob, bataillonnaire, Albin Michel : 1919 (édition originale)
  • Le chant de l'équipage, Edition G. Crès et Cie : 1918 (édition originale)
  • Le nègre Léonard et Maître Jean Mullin, Gallimard : 1920 (édition originale)
  • La cavalière Elsa, Editions de la Nouvelle Revue Française : 1921 (édition originale)
  • La cavalière Elsa, Gallimard : 1922
  • Malice, Edition G. Crès et Cie : 1923
  • Aux lumières de Paris, Les Editions G. Crès et Cie : 1925
  • Prochainement, ouverture...de 62 boutiques littéraires, Ed. Simon Kra: 1925
  • Le Quai des Brumes, Gallimard : 1927 (édition originale)
  • La cavalière Elsa, Gallimard : 1931
  • La Croix, l'ancre et la grenade, Laboratoire de l'Hépatrol : 1932 (édition originale)
  • Hambourg, Editions Alpina : 1933
  • La légion étrangère, Flammarion : 1933
  • Rues secrètes, Gallimard : 1934
  • La nuit de Zeebrugge, Librairie des Champs Elysées, coll. Le Masque : 1934 (édition originale)
  • CAUET, Fernand, Aux quatre vents de la Picardie, préf. de P. MAC ORLAN, 1935
  • Rues secrètes, Gallimard : 1937
  • Picardie, Emile-Paul Frères : 1943 (édition originale)
  • Montmartre, L'Estampe moderne : 1944
  • L'ancre de miséricorde, Editions Jacque-Petit : 1947
  • Le camp Domineau, Gallimard : 1949
  • Simone de Montmartre, suivi de L'Inflation sentimentale, Gallimard : sans date
  • Gourmandises, édition artistique : sans date
  • L'ancre de miséricorde/ Quai des brumes, Cercle du Bibliophile
  • Le nègre Léonard et Maître Jean Mullin, Gallimard : 1950
  • Le rire jaune, Ed. G. Crès et Cie, sans date
  • Le bal du Pont du Nord (la nuit de Zeebrugge), Gallimard : 1950
  • La clique du café Brebis, Gallimard : 1951
  • "La ballade de la protection" in Mercure de France, n°1087 : 1er mars 1954
  • La tradition de minuit, Gallimard : 1955
  • La maison du retour écœurant, Gallimard : 1970
  • Le chant de l'équipage/ Quartier réservé, Les Presses d'aujourd'hui : 1973
  • A bord de l'étoile Matutine/ La cavalière Elsa, Les Presses d'aujourd'hui : 1973
  • La Bandera, Les Presses d'aujourd'hui : 1973
  • La tradition de minuit/ Le quai des Brumes, Les Presses d'aujourd'hui : 1973
  • Le tueur n°2, Le Monde éditions : 1978
Montmartre

Montmartre

Les Cahiers Pierre Mac Orlan, édités par Le Comité Mac Orlan

  • N°1 Ma Maison, 1990
  • N°2 Mademoiselle from Armentières, 1992
  • N°3 Contes perdus et retrouvés, 1992
  • N°4 Chroniques des temps présents, 1994
  • N°5 Les souvenirs de la nuit, 1994
  • N°6 Chroniques de l'aventure quotidienne, 1994
  • N°7 Mac Orlan vu par Gus Bofa et Gus Bofa vu par Mac Orlan, 1994
  • N°8 Vive la publicité, 1995
  • N°9 Chronique de la plaine et de la lisière des bois, 1995
  • N°10 Le sport moderne de la fête, 1996
  • N°11 La chanson, 1996

Empruntables :

  • A bord de l'étoile Matutine, Gallimard : 1962
  • Le chant de l'équipage, Gallimard jeunesse, coll. Livre de Poche : 1966
  • Abbé PREVOST, Manon Lescaut, préf. Annoté et commenté par P. MAC ORLAN, 1968
  • L'ancre de miséricorde, Gallimard, coll. Folio Junior : 1984
  • La Seine, Castor Astral : 1991
  • Le camp Domineau, Gallimard jeunesse, coll. Folio : 1993
  • Les clients du bon chien jaune, Gallimard : 1996
  • Les clients du Bon chien jaune, Gallimard jeunesse : 1997
  • Chansons pour accordéon, La Table ronde : 2002
  • Romans maritimes, Omnibus : 2004
  • Les bourreurs de crâne, Terre de Brume : 2008
  • Contes de la Pipe en terre, Terre de Brume : 2009
  • Chroniques de la fin d'un monde, Cartouche : 2009
  • Les Pirates de "l'avenue du Rhum", Cartouche : 2009

Pour aller plus loin :

  • LAMY, Jean-Claude, Mac Orlan, l'aventurier immobile, 2002 (empruntable)
  • THERBY, Daniel, Pierre Mac Orlan et Péronne, 1993 (consultable uniquement)
  • RIFF'S REBB, A bord de l'étoile Matutine, 2009, BD (empruntable)
  • DAVID B., Roi rose, Gallimard, 2009 BD (empruntable)

Liens :

(1) Nov 1957, entretien télévisé avec André Gillois
(2) Chroniques de la fin d'un monde, Editions Emile-Paul frères, 1937.

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